Oventik, juillet 2008.
Un colibri, tout près, vient butiner dans l’entonnoir rouge des fleurs qui grimpent le long d’un gros avocat. Au-dessus, fusant d’un chobtik (le champ de maïs, pour les Tsotsil), le vol impeccablement rectiligne, horizontal, d’un couple de bak mut (le fameux zanate, voleur comme une pie, dont les paysans disent que sur quatre grains, deux sont pour l’homme, un autre pour la terre, et l’autre pour le zanate).
Derrière le portail fermé du Caracol, deux femmes, petites, le visage caché par leur paliacate, montent la garde. Au loin, les voiles blanches de la brume s’élèvent lentement au-dessus des bois de pins, s’enroulent et s’étirent autour des crêtes, comme un incendie glacé.
Nous voici une fois de plus dans ces montagnes du Sud-Est mexicain, redevenues « territoire indigène » depuis bientôt quinze ans. (...)
À tous les adhérents et à toutes les adhérentes à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, aux individus, aux familles, aux groupes, aux organisations de l’Autre Campagne du Mexique et de l’Autre Campagne de l’Autre Côté, de la Zezta internationale et de l’Europe zapatiste, à participer à la Caravane nationale et internationale d’observation et de solidarité avec les communautés zapatistes du Chiapas, qui est organisée vers le territoire mexicain de l’État du Chiapas du 28 juillet au 12 août 2008.
Pourront participer : tous les compañeros et toutes les compañeras membres de l’Autre Campagne, de l’Autre Campagne de l’Autre Côté, de la Zezta internationale et des groupes et organisations de l’Europe zapatiste qui seront dûment inscrits auprès de la commission ad hoc à Mexico DF et à San Cristóbal de Las Casas. (...)
Par ce communiqué, les membres de VOCAL (Voix d’Oaxaca construisant l’autonomie et la liberté) veulent dénoncer le grave climat d’acharnement, de criminalisation et de persécution créé au cours des dernières semaines par le gouvernement d’Ulises Ruiz Ortiz et par les moyens de communication, qui vise directement des membres de notre regroupement.
En particulier, la répression a nettement augmenté après les événements survenus le 20 juin 2008 à Zaachila, où la population organisée a empêché la participation d’Ulises Ruiz Ortiz à une manifestation publique organisée par la municipalité de cette commune. (...)
Un pont de solidarité...
Une voie pour partager les résistances et les rébellions
Pour alimenter nos rêves et nos espoirs communs
Depuis l’Autre Europe anticapitaliste
À l’Autre Mexique d’en bas et à gauche
Dans un même cœur
Pour un nouveau monde, meilleur et possible...
Il y a plus de quatorze ans maintenant que les zapatistes répondent, jour après jour, à la question « Pouvons-nous vivre et construire la rébellion pendant qu’une guerre permanente a lieu, sans que cette rébellion ne se transforme en terreur et en guerre ? ». Tout au long de ces années écoulées, les zapatistes ont inventé leur réponse à cette question dans la pratique, en construisant leur autonomie au Chiapas, en construisant aussi une autre voie et en proposant au Mexique et au monde leurs tentatives et expériences d’une « autre façon de faire de la politique ».
La situation des communautés zapatistes au Chiapas, en lutte depuis 1994 pour réclamer non seulement la reconnaissance de leurs droits et de leur culture mais aussi la construction d’un système alternatif au capitalisme et la répartition des richesses, est de plus en plus difficile.
L’offensive actuelle (qu’elle soit paramilitaire, avec une recrudescence très nette des agressions, ou « civile » avec une accélération du déplacement des populations) est, aux dires de nombreux observateurs, « sans précédent depuis 1995 ». (...)
Face à cette situation, (...) il a été décidé d’organiser du 17 juin au 5 juillet une quinzaine européenne d’actions, de débats, d’exposition pour marquer notre solidarité avec le mouvement zapatiste.
Non seulement l’offensive contre les communautés zapatistes au sein même de leur territoire se poursuit, mais elle ne cesse d’augmenter, d’une manière alarmante, dans un scandaleux silence des médias.
Devant la gravité des faits, et dans le cadre de son programme Brigades d’observation Terre et Territoire (BOTT), nous informons que le CAPISE a envoyé sur place une Brigade spéciale d’observation Terre et Territoire (BEOTT).
Nous vous invitons à lire le bref rapport qui suit. (...)
Chiapas, Mexique, 4 juin 2008.
Peuple du Mexique et du monde, vous savez que notre lutte est tournée vers la lutte politique et pacifique, comme le dit notre Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, lutte politique et pacifique connue comme Autre Campagne, et voyez d’où vient la provocation de la violence.
Compañeras et compañeros de l’Autre Campagne du Mexique et d’autres pays, nous vous demandons d’être attentifs parce que les soldats ont dit qu’ils reviendraient dans quinze jours ; nous ne voulons pas la guerre, nous voulons la paix, avec justice et dignité. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous défendre, de les repousser et de résister parce qu’ils viennent nous chercher pour nous affronter ; c’est pour cela qu’ils nous cherchent nous, les villages zapatistes, bases de soutien. (...)