Déclaration de la Rencontre européenne du réseau d’individus et collectifs solidaires des zapatistes, France, janvier 2010.
Aux bases de soutien zapatistes,
Aux Conseils de bon gouvernement,
À l’EZLN,
À tous les compañer@s de l’Autre Campagne,
À tous les compañer@s de la "Zezta Internacional",
À tous ceux qui en bas à gauche s’opposent à l’ogre capitaliste,
qui tente de détruire ou de digérer ce qui reste d’humanité digne et insoumise,
Réunis pour cette rencontre européenne en solidarité avec les zapatistes d’individus et collectifs provenant de l’État espagnol, de Suisse, de Grèce, d’Italie, de Belgique, d’Allemagne, du Danemark et de France, nous souhaitons exprimer notre soutien aux compañer@s zapatistes et à tous ceux qui luttent et résistent au Mexique :
- Aux bases de soutien zapatistes du Chiapas qui depuis 1994 développent leur autonomie politique, éducative, sanitaire, économique et judiciaire. (...)
La guerre de basse intensité menée par les autorités mexicaines (fédérales, régionales et locales) contre les populations indigènes, mayas et zoques du Chiapas, s’intensifie.
Pour permettre la mise en place d’un projet baptisé "écotouristique", la police de l’État du Chiapas, aux ordres du gouverneur PRD Juan Sabines, vient de franchir un degré de plus dans l’escalade vers ce que les zapatistes désignent comme une véritable "guerre d’extermination contre les peuples indigènes". (...)
Pronunciamiento del Encuentro Europeo de la red de individuos y colectivos solidarios con los zapatistas, en París, Francia, enero del 2010 para los presos de Atenco
Nostr@s mujeres, hombres y colectivos de España, Suiza, Grecia, Italia, Bélgica, Alemania, Dinamarca y Francia denunciamos la represión de aquellos que por estar abajo y a la izquierda son perseguidos por los gobiernos al servicio de sus cómplices capitalistas.
En México más de 40 personas miembros de la Otra Campaña se encuentran encarcelados a causa de su compromiso de resistencia y lucha en los diferentes estados de la república mexicana. La Suprema Corte de Justicia de la Nación debe pronunciarse el 19 de enero sobre el caso de los 12 compañeros de Atenco injustamente presos. (...)
Rencontres européennes des comités de solidarité avec les zapatistes
Depuis 1994, plusieurs rencontres de ce type ont été organisées (à Barcelone, Athènes, Berlin, etc.) permettant aux différents comités européens de se réunir, de discuter, d’échanger sur les thèmes de la solidarité avec les communautés zapatistes du Chiapas, plus généralement de la situation au Mexique. C’est aussi l’occasion de réfléchir sur les actions de solidarité que nous pouvons mener ici, comment se coordonner, etc. Enfin, évidemment un des objectifs est la convergence des luttes entre ici et là-bas : comment donner une cohérence à tous ceux qui luttent en bas, à gauche. Comment faire de la richesse de toutes les résistances un instrument de construction d’un autre monde qui ne soit pas capitaliste. Pour cela des collectifs luttant ici sur différents thèmes (soutien aux sans-papiers, collectifs contre la précarité, etc.) sont également invités.
Des comités de toute l’Europe (Grèce, Espagne, Allemagne, Autriche, etc.) et de France (Marseille...) ont déjà confirmé leur présence. De nombreuses personnes participeront également à ces rencontres à titre individuel.
Programme
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Pouvoir politique, propriétaires fonciers et narcotrafiquants contre comuneros indiens
Par un article publié en août dernier, nous informions de la récupération, par les membres d’une communauté nahua, de terres dont ils avaient été spoliés au cours des années 1960 sur la côte Pacifique de l’État du Michoacán, au Mexique.
Les trois mille habitants des trois villages participant à cette réoccupation avaient pu mettre en échec les tueurs envoyés par les pseudo-propriétaires. (...)
1. Le système des cargos dans la tradition indigène et le mouvement zapatiste
En janvier 1994, les indigènes zapatistes, mayas et zoques du Chiapas, se sont soulevés, les armes à la main, face à un système qui les privait de tout depuis cinq siècles : terre, nourriture, logements décents, santé, travail, éducation... Depuis, ils ont posé leurs armes, mais entrepris de construire une société autonome et originale dans ce coin perdu et superbe du Sud-Est mexicain.
Ces gens, que l’on appelle « indiens », se reconnaissent, eux, comme « indigènes ». Ils se distinguent du reste de la population (du Mexique, par exemple), par le fait qu’ils vivent dans des communautés (villages) sur un même territoire. La propriété privée de la terre n’existe pas chez eux (c’est une aberration, la terre-mère est sacrée... on dit souvent, et eux-mêmes le disent, mais pas pour la galerie, que c’est nous qui appartenons à la terre). Le territoire fait l’objet d’une gestion collective, dans le cadre d’une organisation horizontale, démocratique, très précise, qui s’appuie également sur des tâches effectuées collectivement de manière régulière. La conservation de leurs langues (au Chiapas on parle encore une dizaine de langues mayas, plus le zoque), le fait de partager une vision du monde et des traditions culturelles communes, sont, enfin, les autres éléments essentiels qui caractérisent ces populations indigènes. (...)
Au nom des Conseils de bon gouvernement des cinq Caracoles, nous démentons devant l’opinion publique ce qui suit :
Le 25 novembre de l’année en cours, le journal La Jornada a publié que le congrès local avait approuvé un accord qui demande au gouverneur de l’État du Chiapas, Juan Sabines Guerrero, de faire droit aux requêtes des Conseils de bon gouvernement par lesquelles, selon les députés, les zapatistes auraient demandé la reconnaissance juridique des Conseils de bon gouvernement.
En tant que Conseils de bon gouvernement, nous démentons énergiquement ces prétendues requêtes adressées au mauvais gouvernement de l’État (...)
Invitation
Le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (Cspcl) organise à Paris deux journées de rencontres, débats et concerts de soutien, sur le thème « terre-territoires ».
Samedi 5 décembre
3 tables de discussion de 13 à 19 heures :
1) Habiter un territoire, un quartier, un village, une communauté, une cité, le monde...
« Rien n’est moins évident dans ce monde que d’habiter. Et pourtant, nous
n’avons jamais été autant appelés à habiter un monde. N’entendez pas là
occuper un terrain ou une maison, ni même y cultiver, y ripailler, y faire
l’amour. (...). Rapidement, s’impose ce constat : on n’habite jamais seul
(...) Cela signifie que s’impose, dans l’acte d’habiter, l’émergence d’un «
nous ».
Extraits de "Esquive comme le papillon, pique comme la guêpe",
Éditions Chemins et ruines, 2009.
(...) Ces rencontres sont prévues à la CIP (14-16, quai de Charente, 75019 Paris).
Voir le blog dédié à ces rencontres : http://terre-et-territoires.blogspot.com/.
Après la libération de neuf autres auteurs matériels du massacre d’Acteal, la récente arrestation du porte-parole de l’organisation paysanne OCEZ, Chema Hernández, les menaces précises proférées par le gouverneur Juan Sabines contre le padre Chuy, et la multiplication des agressions perpétrées par l’Opddic et l’Armée de Dieu contre les communautés zapatistes, les nouvelles concernant d’importants mouvements de l’armée fédérale dans les Altos et la forêt Lacandone sont autant de raisons d’inquiétude pour les partisans d’une paix juste et digne au Chiapas. Une inquiétude accentuée par de nouvelles rumeurs, savamment distillées par les milieux du pouvoir, au sujet d’une "possible offensive d’éléments rebelles". (...)