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Miguel Peralta : 50 ans de prison ou... au dîner, le dessert de la liberté !!

jeudi 19 septembre 2019

Miguel Peralta est en grève de la faim depuis le 19 septembre 2019.

Condamné de manière totalement fallacieuse l’année dernière à plus de 50 ans de prison, son procès est actuellement "en révision" dans le même tribunal qui l’avait jugé. Une forte mobilisation est actuellement en cours au Mexique pour arracher sa libération immédiate !

On y connaît pas grand chose, mais les hashtags twitters relayés au Mexique sont :
#Huelgadehambre #ElisaZepedamiente et #SentenciadeLibertad
ainsi que #LibertadMiguelPeralta

et les messages sont relayés à :
@tsjoaxaca, @GobOax, @CongresoOaxLXIV, @Fiscalia_GobOax, @GobiernoMX, @SEGOB_mx

20 septembre 2019

Après une semaine de report, Miguel a finalement été transféré le 19 septembre au Tribunal de Huautla afin de réeffectuer son "audience finale". Condamné de manière totalement fallacieuse l’année dernière à plus de 50 ans de prison par le même tribunal, Miguel a décidé hier d’entreprendre une grève de la faim pour exiger justice et liberté. Plus bas, ses paroles et les dernières nouvelles judiciaires à son sujet !

19 septembre 2019 :

"Une fois de plus, je me sers de mon corps comme une arme contre l’injustice.

A partir d’aujourd’hui, en plus de la grève du silence, j’arrêterai de consommer des aliments.

Grève de la faim : Menu

Mon petit déjeuner, ce sera les mise-en-bouche de la patience
Mon déjeuner, le buffet de la résistance
Mon goûter, le plat solide de la solidarité
Mon dîner, le dessert de la liberté"

pancarte tenue par Miguel durant son procès

Miguel continuera la grève du silence et de la faim jusqu’à obtenir sa liberté. Raison pour laquelle nous vous appelons à nouveau à vous faire l’écho du cri de Justice et Liberté.

Parce que chaque jour où il est maintenu prisonnier, sa santé sera en jeu.

Juge mixte de première instance de Huautla de Jiménez, Oaxaca, nous exigeons de vous une sentence immédiate de liberté ! ( note du Groupe de Solidarité pour la Liberté de Miguel Peralta, Mexique)

"Rage et rancoeur, et avec détermination... Feu au pouvoir et à ce système de répression..!" (un rap écrit par Miguel il y a un an de cela, pour un évènement de solidarité contre les prisons)

Pour plus d’éléments de contexte sur le procès de Miguel, voir l’article précédent "Liberté immédiate pour Miguel Peralta ! prisonnier politique libertaire originaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca"

17 septembre 2019.

Communiqué des proches de Miguel sur les derniers rebondissements judiciaires et médiatiques de son procès :

Au vu des contradictions juridiques et médiatiques, nous réitérons cette exigence : Liberté immédiate !

Le 12 septembre dernier, de par un mandat judiciaire, Miguel se devait d’être présenté au Tribunal mixte de première instance de Huautla de Jiménez, Oaxaca, pour procéder à nouveau à l’audience finale de son procès. Sous l’argument fallacieux de ne pas pouvoir procéder à son transfert depuis le pénitencier de Cuicatlán jusqu’au tribunal car il n’y aurait « pas de patrouilles, toutes se trouvant affectées à combattre la délinquance », son audience a été annulée et différée au jeudi 19 septembre, et ce grâce à l’exigence émise que celle-ci ne soit pas reportée à une date trop éloignée, comme cela a été appliqué durant toute la procédure judiciaire à son encontre. Au vu des agissements du Tribunal mixte, du ministère de la sécurité publique de l’Etat de Oaxaca et de toutes les institutions parties prenante, il a été une fois de plus corroboré que le pouvoir caciquil de la famille Zepeda, et en particulier celui de la député fédérale Elisa Zepeda, continue à empêcher le « fonctionnement normal » de la justice et, à travers cela, la mise en liberté imminente de notre compañero Miguel.

Nous faisons savoir que la justification qui a été donnée à cette occasion durant le Tribunal afin de retarder l’audience n’est qu’un mensonge de plus, car voyant que les heures passaient et que son excarcelation n’avait pas lieu, Miguel a appelé par téléphone et fait savoir que depuis un certain endroit du pénitencier, il avait pu observer qu’étaient stationnées plusieurs patrouilles de police, de celles qui sont habituellement utilisées pour effectuer les transferts. Il nous a commenté de plus que la semaine passée, avant et après le jeudi de sa convocation, il y avait eu différentes excarcelations d’autres détenus du même pénitencier en vue de les emmener à différents tribunaux et de procéder à leurs audiences. Cette tactique dilatoire n’est pas nouvelle, elle a prévalu durant tout le processus judiciaire sous les prétextes les plus divers, mais avec à chaque fois le même objectif : éviter que Miguel puisse se défendre, éviter que la vérité soit entendue directement depuis sa bouche, et que tombe le mensonge qui le maintient prisonnier.

Le juge Modesto Isaías Santiago Martínez est le même juge qui a monté le dossier judiciaire 02/2015 contre les hommes et femmes membres de l’Assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, et celui-ci a insinué auprès des avocats chargés de la défense juridique de Miguel qu’il était préférable que celui-ci ne se présente pas à son audience finale. Et nous, nous demandons : "pour qui est-ce préférable ?" Sans le moindre doute, pour Elisa Zepeda, sa famille, ainsi que le groupe politique qui l’appuie. Comme Miguel l’a déjà mentionné : "lorsque la vérité tombe, le mensonge se délite en menaces". Cela, ce sont les menaces qu’en bisbilles avec la député Elisa Zepeda, le juge a fait savoir en ne procédant pas au transfert de Miguel au Tribunal. Le sens de ces menaces est clair : si Miguel s’obstine, et nous avec lui, à demander justice, à insister qu’il est innocent et à lutter par tous les moyens, juridiques et politiques, pour sa liberté, alors ils continueront à ne pas le présenter, à retarder la procédure, à le punir par le biais de l’enfermement.

En parallèle, nous avons été témoins une fois de plus des mensonges et des contradictions évidentes du dossier pénal ainsi que de la fausseté et du cynisme affiché par Elisa Zepeda devant les médias, lorsqu’elle n’a pas pu apporter une seule preuve spécifique accusant Miguel d’aucun des deux délits qui lui ont été fabriqués. Un exemple récent a été la participation d’Elisa au programme de la journaliste Carmen Aristiegui, lorsqu’elle a sollicité un droit de réplique le 13 septembre dernier, et où elle fut questionnée sur ses déclarations contradictoires au sujet des faits survenus le 14 décembre 2014 à Eloxochitlán de Flores Magón [1].

La député de Morena a alors tenté de se présenter elle-même et sa famille comme victimes d’agressions de la part de l’assemblée communautaire, alors que ce sont eux qui ont tiré sur les femmes, enfants, hommes et personnes âgées qui étaient alors réunis afin d’élire une autorité communautaire au travers des modes d’élection traditionnels de la communauté. La député Elisa Zepeda a été victime de ses propres mensonges et de ses déclarations contradictoires, rendant évident le fait que l’incarcération de Miguel et des autres membres de l’Assemblée communautaire emprisonnés à la prison d’Ixcotel est le résultat de la machination et de la fabrication des accusations réalisées par le groupe caciquil des Zepeda. Ses mensonges sont tombés les uns après les autres, non seulement dans les médias, mais aussi dans le dossier judiciaire, et comme l’ont fait savoir nos compañeros avocats : si les juges procèdent de manière impartiale et objective, Miguel Peralta et tous les prisonniers politiques d’Eloxochitlán de Flores Magón devraient être libérés de manière immédiate.

Et bien : face à cette violation réitérée de la « procédure régulière », Miguel a décidé de faire du silence une arme de plus pour sa défense. En souvenir de ce que disait Ricardo Flores Magón au sujet du potentiel subversif des paroles et de ce que disait Práxedis Guerrero sur l’importance de la solidarité, Miguel a commencé une grève du silence, considérant que ce qui a déjà été dit ar lui et pas ses avocats jusqu’à maintenant a plus de force et de vérité que toutes les stratégies médiatiques et les racontars faits par la député Elisa Zepeda afin de se construire, depuis le pouvoir institutionnel, une image de victime et de défenseuse des droits humains des femmes mazatecas.

Pour tout cela, nous remercions toutes les personnes, collectifs et organisations qui n’ont pas cessé d’exiger Justice et Liberté avec la rage de notre cœur rebelle, et nous vous appelons à transformer le silence débuté par Miguel en un cri plus fort encore, et à s’en faire écho pour obtenir sa prompte libération.

Nous convoquons les individualités libertaires, les collectifs de même sensibilité, les organisations sociales solidaires, les médias libres et toutes les personnes qui sentent comme leur cette lutte pour la liberté et la justice, au Mexique et dans le monde, à redoubler d’efforts et à exiger la liberté pour Miguel.

Nous vous demandons de rester attentifs à ce quil se passera ce jeudi 19 septembre, au vu de l’éventualité que Miguel soit ou non présenté à son audience au Tribunal de Huautla ; de la même manière, nous vous appelons à exiger par tous les moyens à votre portée la liberté de notre compañero emprisonné. Que le silence de Miguel Peralta devienne cri et action en nous toutes et tous.

Parce que nous ne nous désisterons pas, parce qu’ils nous rendent plus forts, parce que les mensonges se sont écroulés... Liberté immédiate !

Groupe de Solidarité pour la Liberté de Miguel Peralta

trad 7nubS

petites vidéos du 12 septembre :


Note : la lettre de solidarité européenne pour la liberation de Miguel a eu suffisamment d’écho pour être rediffusé dans Proceso, la principale revue "de gôche" mexicaine. Quelques actions, mêmes modestes au niveau international, peuvent souvent avoir un écho inattendu, tout comme les quelques centaines d’euros récoltés par ci par là peuvent permettre par exemple de louer un camion pour que les gens du village puissent manifester, publier des tracts, ou tant de choses qu’il est parfois difficile de faire quand la survie quotidienne au Mexique est déjà toute une bataille.

Liberté pour Miguel ! Solidarité internationale !

pour tout évènement, récolte de fonds ou actions de solidarité, n’hésitez pas à contacter le cspcl@samizdat.net. Quelques autres ressources ici


[1voir le programme ici